Le chemin du Rosaire le long du lac de la Cité Saint-Pierre
©

Le chemin du Rosaire le long du lac de la Cité Saint-Pierre

|

© SCCF Christophe Hargoues

NEWSLETTER – SEPTEMBRE 2026

Bienvenue dans ce nouveau numéro de la newsletter de la Cité Saint-Pierre. Nous vous invitons à découvrir les temps forts de ces dernières semaines, les événements à venir et les belles initiatives qui animent notre communauté. Bonne lecture à toutes et à tous !

Un atelier créatif  pour prendre soin des autres

Perrine et quelques bénévoles (un grand merci à Anne, Anne-Marie, Sylvia, Marie-Paule et Céline) nous font découvrir l’atelier de fabrication de savons artisanaux parfumés !

Une fois réalisés, ces savons sont glissés dans des kits d’hygiène remis aux personnes accueillies en urgence à la Cité Saint-Pierre, qui ne disposent pas toujours de produits d’hygiène.

Une recette simple, ludique et accessible à tous, qui permet de créer tout en prenant soin des autres.
Petits et grands, à vos savons !

Un atelier créatif pour prendre soin des autres !
Un atelier créatif pour prendre soin des autres !

La convoyeuse d'après Jean Rodhain

« La convoyeuse* » est un texte de Jean Rodhain extrait de l’ouvrage « Charité à géométrie variable », paru en 1969 aux éditions S.O.S./Desclée de Brouwer.
Ce livre rassemble des textes et réflexions écrits par Jean Rodhain au fil des années.
*En juillet 1963 : un millon de Français doivent quitter l’Algérie…

Allô, ici la Croix-Rouge. Nous avons, dans nos bureaux, une personne qui se dit convoyeuse du Secours Catholique. Elle a convoyé de vos malades sur un de vos bateaux d’Alger à Marseille. Elle demande à être rapatriée sur Sidi-Bel-Abbès. Que devons-nous en faire ?
– A-t-elle des papiers ? A-t-elle un ordre de mission du Secours Catholique ?
– Aucun papier.
– C’est suspect. Envoyez-la moi, demain matin, à 9 heures. Je règlerai personnellement son affaire. Ce sera vite fait.

***

Affaire suspecte, en effet. J’interroge nos équipes qui reviennent de Marseille : les convoyeuses du bateau sont toutes repartis exactement sur Alger, dès le lendemain.
Quelle est cette fantaisie qui serait venue incognito à Paris ? Et sans papiers ? Suspects. Ce sera facile à démasquer.

***

Le lendemain matin, la « soi-disant convoyeuse » est là, dans mon bureau. Pas de brassard, pas d’insigne. Une femme grisonnante, un fichu noir et un cabas de paille. On la verrait très bien vendant du beurre et des œufs dans un marché entre Gavarnie et Bagnères-de-Bigorre. Je l’interroge :
– Vous arrivez de Marseille ?
– Non, de Mulhouse !
– Qu’êtes-vous allée faire à Mulhouse ?  Vos papiers ?
Elle n’a qu’un seul papier : une carte de visite tout chiffonnée au nom de la supérieure des Sœurs garde-malade d’Alger avec, au crayon deux mots : « Secours Catholique ».
– Expliquez-moi cette carte.
– Bien, voilà. Ma mère, qui a quatre-vingt-sept ans, est totalement paralysée. J’ai réussi à lui avoir une place sur votre bateau-hôpital.

Seulement, ma mère, on ne peut pas la laisser seule un instant. Alors je n’ai pas voulu l’abandonner. Alors, sur le quai d’Alger, la Sœur m’a dit : « C’est bien simple, vous serez convoyeuse ». Et elle m’a épinglé cette carte sur mon manteau. Et je suis restée sur le bateau.
– Mais, Madame, à l’arrivée à Marseille, vous ne vous ne vous êtes pas présentée à nos responsables qui étaient tous de service sur le quai ?
– Mon bon Monsieur, il faisait nuit : on n’y voyait rien. Je ne voulais pas quitter ma mère sur son brancard. Je voulais la conduire à Aurillac où on a encore une parente. Mais les infirmiers ont crié :
« Voici le train sanitaire, pas d’histoire, en voiture. »  On nous a mises dans le wagon de Mulhouse. Ma mère est à Mulhouse maintenant. Bien soignée dans un hospice avec des Sœurs. Très bien soignée dans une salle de douze. Je suis restée deux jours près d’elle à Mulhouse. Mais mon mari garde, à Sidi-Bel-Abbès, le peu qui nous reste de meubles. Il faut que je retourne le chercher.

À Alger, on m’a dit que comme convoyeuse j’aurai un retour.
– Et que faisiez-vous à la Croix-Rouge, hier soir ?
– C’est la Croix-Rouge qui m’a ramené de Mulhouse à Paris. C’est la première fois de ma vie que je voyage, Monsieur. Je n’avais jamais quitté Sidi-Bel-Abbès. Et le Secours Catholique à Paris, je ne savais pas où c’est. La Croix-Rouge me l’a marqué sur un papier. Je suis dans la rue du Cherche-Midi depuis six heures, ce matin, pour être sûre de ne pas manquer.
– Et vous n’avez ni passeport ni carte d’identité ?
Elle n’a rien. Par acquis de conscience, elle fouille dans le cabas, sort une enveloppe et, pour toute pièce d’identité me présente deux photos d’une ferme saccagée : « C’est chez nous, ils ont tout détruit ».

***

Bien entendu, le lendemain, nos services installaient à Orly, dans un avion pour Oran, la « convoyeuse ».

Mais je n’oublierai pas l’instant où j’ai basculé de la suspicion à l’émotion. Nous critiquons les ministères et les administrations au rouage implacables. Nous blâmons les bureaux au cœur sec et aux paperasses innombrables. Nous prétendons être œuvre de charité. Nous pensons avoir tout prévu, tout deviné […].
Et j’avais oublié qu’entre tant de rouages bien ajustés passerait, imperceptible, cette « pauvresse » que toute une soirée j’ai suspectée.

***

Je reste comme un pauvre chef d’orchestre auquel le dernier des rossignols donne des leçons. Je n’étais pas fier de moi tout en posant la dernière question à Sa Majesté, la pauvre dame de Sidi-Bel-Abbès en qui je n’avais pas su voir du premier coup « un pauvre du Christ ». Je m’en souviendrai de cette convoyeuse sans papiers !

***

On croit tout savoir et tout voir. Et il faut l’Évangile pour révéler, cachée derrière la foule, la veuve et son imperceptible obole. Pour déceler, perdu dans les hauteurs de son sycomore, Zachée silencieux. […]
Mais j’ose demander aux conférenciers qui, un éteignoir à la main, poursuivent les flammèches de la charité en la proclamant dépassée par le sens de l’Histoire, d’aller se promener un peu sur les quais de Marseille à l’arrivée des convois.[…]
Je demande enfin, à ceux qui veulent à tout prix « tranquilliser » les activités charitables, de venir avec moi faire un tour chez les enfants du bled, maintenant, depuis Sidi-Bel-Abbèes jusqu’à Biskra, ou ailleurs, n’importe où là-bas, en cet été 1962…
Tous les détails de cette anecdote sont rigoureusement authentiques. Tout ceci s’est passé dans mon bureau. Seuls les noms des villes ont été volontairement changés. Et cela continue… Aidez-nous. Merci.

Jean Rodhain

Le saviez-vous ? 🔎 Une œuvre qui donne du sens

Jean Rodhain aimait la beauté et les œuvres d’art. Pourtant, celles-ci sont souvent réservées aux personnes qui ont les moyens financiers d’en profiter.

Il a donc souhaité que la Cité Saint-Pierre soit un lieu beau et accueillant pour les personnes en situation de précarité au travers d’œuvres d’art dicéminées dans la Cité.

En 2005, comment marquer le 50e anniversaire de la Cité Saint-Pierre ? Quel geste poser ? Faut-il privilégier un symbole qui aurait sans doute plu à Monseigneur Rodhain ?

C’est alors que l’on entendit parler d’une association de La Seyne-sur-Mer qui employait des personnes en grande précarité, notamment des personnes sans domicile fixe, qui à partir de matériaux récupérés sur des bateaux, créaient des œuvres d’art.

Ils créèrent l’immense Balance de la Charité située à l’entrée de la Cité Saint-Pierre qui accueille désormais les pèlerins et les visiteurs.

En effet, quoi de plus fort qu’une œuvre d’art réalisée par des artistes eux-mêmes en situation de précarité portant le message de Matthieu 25 :
« J’ai eu faim, j’ai eu soif », ainsi que les paroles du Christ :
« Prenez, ceci est mon corps », pour accueillir des personnes en précarité ?

 

Jean-Claude Lebrun, ancien directeur de la Cité Saint-Pierre

L’agenda de la rentrée ! à la Cité Saint-Pierre

De septembre à novembre, la Cité Saint-Pierre vivra au rythme de nombreux temps forts ! Ces prochains mois seront une nouvelle fois placés sous le signe de la rencontre, du partage et de la fraternité.

Septembre

Le mois de la Création, un temps dédié à la sensibilisation à la sauvegarde de la Création et à l’écologie intégrale.

  • Du 16 au 19 septembre – Le groupe de l’hospitalité basco-béarnaise (220 participants) : des bénévoles engagés au service des personnes malades ou fragiles lors des pèlerinages
  • Du 20 au 24 septembre – Le mouvement Poursuivre (250 participants) : des journées de réflexion et de partage destinées aux retraités engagés dans la vie sociale et ecclésiale
  • Du 26 au 28 septembre – L’aumônerie nationale du Secours Catholique (400 participants) : à l’occasion de la venue du pape Léon XIV, des délégations et des associations œuvrant auprès de personnes en situation de précarité sont conviées à se rassembler pour vivre ensemble ce moment unique

Octobre

  • Du  7 au 10 octobre – Le Pèlerinage du Rosaire (300 participants) : un grand rassemblement dominicain qui rassemble chaque année à Lourdes des milliers de pèlerins autour de Marie, de la prière, de la prédication et de la fraternité
  • Du 12 au 16 octobre : La SINAC (115 participants) : la session d’intégration des nouveaux acteurs clés du Secours Catholique – Caritas France
  • Du  18 au 21 octobre – Le Pèlerinage national de la fondation Apprentis d’Auteuil (150 participants) : un temps de pèlerinage et de rassemblement pour les jeunes, les familles, les éducateurs et les collaborateurs de la Fondation

Novembre

  • Le 15 novembre – La 10e Journée mondiale des pauvres : le thème retenu cette année est inspiré du Psaume 14 : « Le Seigneur est le refuge du pauvre ». À cette occasion, la Cité Saint-Pierre accueillera 15 personnes du groupe «Place et Parole des Pauvres», membre du Réseau Saint-Laurent. Né à la suite de Diaconia 2013, ce groupe place la parole des plus pauvres au cœur des échanges
  • Du  16 au  20 novembre – Le CAN (60 participants) : la session du Conseil d’Animation National du Secours Catholique a pour mission de réfléchir aux orientations de fond, débattre des grandes thématiques de solidarité et d’expérimenter une gouvernance partagée au service de la justice et de la fraternité

Radio Cité Une mission au cœur de la rencontre

Pour cette nouvelle édition de La Bergerie, nous retrouvons le père Jean-François Penhouet, aumônier de la Cité Saint-Pierre et prêtre de la Mission de France.

Au micro de Radio Cité, il partage sa mission d’écoute et d’accompagnement auprès des personnes qu’il rencontre au quotidien.

Il évoque notamment sa présence hebdomadaire au Point Écoute du Sanctuaire, son accompagnement des bénévoles, sa disponibilité à la Cité Saint-Pierre, ainsi que les nombreuses rencontres qui nourrissent son engagement.

Radio-Cite-Une-mission-au-coeur-de-la-rencontre.mp3Radio-Cité-Une-mission-au-cœur-de-la-rencontre.
Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.”

Matthieu 25, 31-46

Lourdes et son message Le chant comme chemin de rencontre

Pour cette nouvelle édition, Véronique part à la rencontre du Groupe du Renouveau charismatique Saint-Michel-Archange de Boukaka !

Adessia et Fred se font les porte-paroles enthousiastes de cette chorale d’origine congolaise, qui pèlerine à la Cité Saint-Pierre depuis 2016.

Chaque année, nous avons également la joie d’accueillir plusieurs membres de la chorale qui viennent se mettre au service des pèlerins accueillis.

Lourdes et son message, le chant comme chemin de rencontre
Lourdes et son message, le chant comme chemin de rencontre

Infos news Cité Saint-Pierre Le mot du directeur

Chers amis,

Cette année, toute la maison du Secours Catholique fête l’anniversaire de ses 80 ans.
Pour la Cité, c’est aussi un grand évènement que nous avons fêté lors des semaines Laudato Si, en mai dernier. En effet, le 8 septembre 1946, l’abbé Jean Rodhain crée le Secours Catholique ici, à Lourdes, avec cette volonté tenace de faire vivre la charité dans tous les coins de France. Ces années d’aide aux plus démunis ont été ponctuées de “multiples récifs”, comme Jean Rodhain le disait aux responsables du Secours Catholique en 1972.
Cette mission de prendre soin des plus pauvres est une entreprise pleine de risques qui “nous ramène à l’essentiel : s’adapter.”

J’aimerais vous remercier pour tous ces moments où vous avez dû vous adapter à ces “récifs“ pour nous permettre de garder le cap de la mission d’accueil des plus démunis à la Cité et au Sanctuaire de Lourdes.

 Un mot clé : adaptation !

Il est vrai que, cet été, notre organisation a été particulièrement bousculée par les canicules qui ont nécessité de nous adapter à des conditions de travail parfois pénibles. Les horaires décalés avec un démarrage plus tôt le matin ont généré de la fatigue supplémentaire.
Les transports ayant été fortement perturbés entre la chaleur et les incendies, certains bénévoles ont été contraints de modifier ou d’annuler leur séjour, complexifiant ainsi la charge de travail des bénévoles sur place.

Du fait de la quantité importante de nouveaux bénévoles cet été (44% sur la période juillet et août : réjouissons nous !), les “anciens” ont dû faire preuve de pédagogie et de patience pour accompagner les nouveaux venus. Nous avons aussi demandé à certains de s’adapter à des difficultés d’organisation (et nous nous en excusons)… J’ai conscience que les raisons d’ajustement ont été nombreuses, et je voulais vous remercier d’avoir assumé vos tâches dans ces conditions sans que la qualité de séjour de nos pèlerins en soit affectée.
Merci à tous d’avoir relevé ces défis.

 Une fréquentation bousculée par les conditions de cet été

Cela m’amène aussi à vous partager les impacts de ces conditions sur la fréquentation de la Cité cette année.
Les perturbations provoquées par les canicules et les incendies ont été fortes impactant sensiblement les réductions de groupes et les annulations de réservation par rapport aux années précédentes. Certains d’entre vous l’ont ressenti au cours de leur séjour.
Ce problème est bien connu dans le monde hôtelier mais il faut reconnaître qu’il nous affecte particulièrement dans le milieu associatif et qu’il a été amplifié par les perturbations liées aux conditions climatiques extrêmes de cet été.
Alors que nous projetions de réaliser une année 2026 encourageante avec 20% de nuitées supplémentaires, nos prévisions ont été revues à la baisse avec autant de nuitées qu’en 2025 ! Cela peut encore évoluer et nous serons en mesure de l’évaluer précisément en fin d’année.

Plusieurs initiatives ont été menées pour contrer ce phénomène depuis le début de l’année. Sachez, par exemple, que nous travaillons à la mise en place de mesures dissuasives pour les groupes (arrhes, versement d’une partie de la contribution financière au moment de la réservation…) qui seront appliquées dès 2027.
D’autre part, à la suite de la revue de notre process accueil en début d’année, l’équipe s’est aussi mobilisée pour mieux suivre la préparation des groupes en amont et ainsi mieux anticiper les désistements possibles, l’objectif étant de rester à l’écoute et d’adapter nos pratiques.
Nous espérons que ces mesures aideront à limiter cet effet de réduction des réservations.

 Un grand rendez-vous à venir

Notre saison estivale va se clôturer par l’accueil du Pape à Lourdes.
Le Secours Catholique se mobilise depuis le début de l’été pour permettre à un grand nombre de personnes en précarité de pouvoir participer à cet événement exceptionnel et d’avoir un temps dédié avec notre pape Léon XIV.
Ainsi la Cité va accueillir 500 personnes le week-end du 26 et 27 septembre.
Un projet qui avance à petits pas malgré les délais très courts. Merci à tous ceux qui viendront nous aider à les accueillir.

 Du mouvement dans l'équipe

Notre équipe s’adapte aussi aux mouvements du personnel.
Ainsi Jérome (responsable du pôle Bénévolat, Réservation et Promotion) a quitté la Cité. Je le remercie pour tout ce qu’il a apporté à la Cité et nous lui souhaitons beaucoup de réussite dans ses nouvelles aventures. Il sera remplacé par Jeanne Marie Boudant-Chanliau, actuellement déléguée des pays de l’Adour, que nous avons hâte d’accueillir dans l’équipe dès le mois d’octobre.
Elle aura notamment pour mission de développer la promotion de la Cité et saura sûrement vous solliciter pour atteindre cet objectif !

 

Au nom de toute l’équipe, je vous exprime notre reconnaissance pour votre engagement, votre fidélité et toutes vos contributions à faire vivre ce projet de fraternité de la Cité.

Fraternellement,
Guilhem pour l’équipe de la Cité