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Jean Rodahain enfant, en compagnie de son père Charles, de sa mère Anne et de sa petite sœur Elisabeth, à Remiremont (1905)

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UNE VOCATION AU SERVICE DES RÉALITÉS

Des Vosges à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, les premières années de Jean Rodhain révèlent la naissance d’une vocation profondément ancrée dans la foi, l’action sociale et le service des plus démunis.

Naissance d’un engagement Les premières années

Jean Rodhain Un destin au service des autres

Jean Rodhain est né à Remiremont, dans les Vosges le 29 janvier 1900 au sein d’une famille aisée et cultivée. Il est l’aîné d’une famille de deux enfants. Dès son plus jeune âge, ses parents lui transmettent les valeurs chrétiennes qui construiront son avenir.
Enfant maladif, couvé par sa mère qui l’entoure de soins, il développe une sensibilité démesurée et une grande timidité. Néanmoins, il est sage et bon élève.
Il héritera également du goût artistique de ses ancêtres, du mutisme des paysans lorrains, du courage, de l’endurance, du patriotisme farouche des Alsaciens-Lorrains expatriés, de leur côté naturel, mystérieux et contemplatif.

Jean Rodhain est sensible à la charité envers les plus pauvres, ce qui l’amène à rêver d’une vocation sacerdotale, s’appuyant sur les exemples religieux de sa famille. Il avouera plus tard qu’ils éveillèrent son envie de devenir prêtre ajouté à l’exemple du curé de Remiremont et de ses vicaires, dévoués pour les malades et ceux dans le besoin. Il mûrit ainsi l’envie de développer cet aspect social tourné vers le service aux plus démunis.

Pendant mon séminaire, j’étais préoccupé surtout par l’aspect social et le service des pauvres !

Jean Rodhain

Après ses études secondaires en 1918, il est déclaré inapte au service militaire faute de santé suffisante. Il entre alors au séminaire pour devenir prêtre. Sa curiosité est toujours en éveil, dévorant les journaux politiques.
Au sein du diocèse de Strasbourg, Jean Rodhain étudie la théologie et la philosophie. Il détient aussi des facultés pour les mathématiques, les sciences physiques et les techniques scientifiques. Il déposera même des brevets d’invention, notamment d’électrophones, sous le nom de Jean de Lorraine.

Ces années de formation marqueront sa vie et attireront son regard sur le rôle de l’Église dans les questions sociales. Il s’attachera aux valeurs humaines, d’une charité chrétienne concrète jetant déjà les bases d’une organisation efficace pour aider les plus nécessiteux.

Un curé de campagne Engagé

Jean Rodhain est ordonné prêtre en juillet 1924 et débute son ministère comme vicaire à la basilique Saint-Maurice d’Épinal où il prend la responsabilité d’un quartier ouvrier.
Farceur, ses initiatives et ses blagues dérangent, ses taquineries agacent son archiprêtre.

Il est alors muté à Mandres-sur-Vair et Norroy-sur-Vair, deux villages isolés dans la plaine des Vosges. L’abbé Rodhain devient curé de campagne.
Pendant cinq ans, il s’immerge dans la vie rurale.

Son approche dynamique ne consiste pas seulement à gérer sa paroisse.
Toujours sensibilisé par les problèmes de pauvreté et d’exclusion, il organise des actions solidaires et d’entraide et s’attache à mobiliser la population pour aider les personnes en difficulté.
Sa détermination impressionne et il arrive à responsabiliser les donateurs pour favoriser des démarches concrètes.

Curé novateur, il créé un bulletin paroissial destiné à obtenir des offrandes pour ses actions, sous couvert de ses thèmes privilégiés : l’espérance et la charité, le pardon mutuel et l’amour envers les autres.

La Jeunesse ouvrière chrétienne Une école de solidarité

En parallèle, il est nommé aumônier d’un groupe de la Jeunesse ouvrière chrétienne féminine (JOCF) récemment créé par l’évêque de Neufchâteau. Au moins une fois par semaine, il anime la section féminine du petit canton vosgien (ouvrières des filatures). Il réussit à gagner la confiance des familles et de leurs filles.
Avec son goût pour l’organisation, il innove et étonne, prêche la charité tout en lançant des cours de cuisine, de comptabilité, de puériculture ou mettant en scène des spectacles.

Son investissement reconnu, il devient aumônier fédéral de la JOC en 1934 et s’immerge dans le monde ouvrier.
En 1936, avec les premiers congés payés, quatre-vingts ouvrières effectuent un séjour dans les Alpes, temps fort animé par ses soins, propice à une action pastorale riche.

En juillet 1937, il orchestre le premier congrès jociste au Parc des Princes, un moment fort en émotions où il rassemble 80 000 jeunes pour célébrer le Christ. Son action coïncide au moment où la France et l’Europe connaissent une crise économique et politique, des difficultés qui entraînent une augmentation de la pauvreté.
Il commence à structurer la solidarité, rassemble pour agir efficacement et pose les bases d’une aide sociale au sein de l’Eglise.