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Jean Rodhain entouré des jeunes femmes de la JOCF engagées dans l’aumônerie des prisonniers de guerre. Paris, rue du Cherche-Midi, en 1944.

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SON ENGAGEMENT AU SERVICE DES PRISONNIERS

De l’aide aux prisonniers au pèlerinage du retour, Jean Rodhain forge durant ces années décisives le projet qui donnera naissance au Secours Catholique à Lourdes.

Face à l’épreuve Maintenir le lien

L'aumônerie des prisonniers de guerre

Lorsque la seconde guerre mondiale éclate en 1939, Jean Rodhain est mobilisé comme aumônier militaire.
Confronté à la souffrance humaine, les déportations et les populations déplacées, cette expérience marque profondément sa pensée.
Il imagine qu’après la guerre, une grande organisation capable d’aider ces victimes devra être créée.

Après avoir été capturé par les Allemands le 16 juin 1940, il est placé à l’hôpital d’Avallon (dans l’Yonne).
Rapidement, il prépare son évasion. Rusé, il emprunte une voiture allemande, pose sur le pare-brise un écriteau : « Aumônier général des prisonniers de guerre ». Il glisse à son bras un brassard de la Croix-Rouge ressembler à un responsable officiel devant les sentinelles allemandes qui se laissent berner.

Jean Rodhain prend la route pour Paris afin de poursuivre son action en faveur des prisonniers de guerre détenus dans les camps allemands et dans les hôpitaux.

   Une solidarité organisée

De retour, dès l’été 1940, il organise une structure appelée
« Aumônerie générale des prisonniers de guerre », soutenue par l’Église catholique française pour apporter réconfort spirituel et moral aux soldats (militaires et blessés), aux prisonniers et à leurs familles. Il initie des aides concrètes : envoi de colis alimentaires, colis religieux contenant des « valises chapelles », des hosties, du vin de messe, des missels et des Évangiles pour permettre aux prêtres prisonniers de célébrer la messe.

Messages Une espérance pour les familles

C’est à cette époque que commence sa carrière de journaliste. Il publie un livret tiré à 20 000 exemplaires sous le titre « Note d’information de l’aumônerie générale – Messages » destiné à donner des nouvelles aux familles des prisonniers.
Puis, devant l’engouement, la publication franchit les 50 000 exemplaires.

Ainsi, les numéros de « Messages » se succèdent tous les 15 jours, apportant à celles et ceux qui sont partagés entre l’espoir et l’angoisse, des renseignements authentiques, utiles et précieux. Jean Rodhain y exprime sa foi, sa charité brûlante vis-à-vis de ceux qui souffrent en captivité. Il imagine la diffusion de « Messages familiaux » que les équipes de secours remettent aux déportés intitulés « Voici un message qui vient de France ».

Un mois après la fin des hostilités en Europe, alors que le rapatriement bat son plein, Jean Rodhain décide de réunir tous les Français victimes de guerre dans une prière commune pour la paix dans le Monde. Le rassemblement a lieu dans un vaste espace au cœur de Paris, sur les terrasses qui descendent du Palais de Chaillot vers la Seine.
Encore un témoignage de défit, une obstination de ce prêtre devenu légendaire au service d’une imagination toujours en éveil et d’une capacité de travail ahurissante.
Au cours de cette cérémonie, une lourde croix de chêne est portée, symbole de la douleur des soldats prisonniers, déportés et des veuves. La croix, haute de 8 mètres, est désormais dressée au cœur de la Cathédrale de verdure sur les hauteurs de la Cité Saint-Pierre à Lourdes.

Le pèlerinage du retour Aux origines du Secours Catholique

Après la fin de la guerre, des milliers de prisonniers de guerre et déportés français rentrent progressivement d’Allemagne.

Pour marquer ce retour et rendre grâce, Jean Rodhain organise un grand pèlerinage à Lourdes le 8 septembre 1946. Un rassemblement aux dimensions spirituelles, nationales et sociales. Environ 80 000 à 100 000 anciens prisonniers et déportés se retrouvent devant la Grotte de Massabielle pour cet événement appelé « pèlerinage du retour ».
Il symbolise à la fois la libération, la mémoire des souffrances et l’espérance de reconstruction après la guerre.

C’est au cours de ce pèlerinage de retour que Jean Rodhain annonce officiellement la création du Secours Catholique, décidé par l’Assemblée des cardinaux et archevêques de France pour coordonner l’aide aux plus pauvres.

En captivité, vous avez dit : “Si je reviens, j’irai à Lourdes”. Vous êtes revenus, vous voici !

Monseigneur Théas