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Un discours de Jean Rodhain au Sanctuaire de Lourdes

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DU SERVICE À L’ACTION

Le parcours de Jean Rodhain témoigne d’une volonté de transformer le service caritatif en actions concrètes et efficaces au service des plus démunis.

Bâtir la fraternité Du Secours Catholique à la Cité Saint-Pierre

Le Secours Catholique  Une organisation au-delà de l'urgence

En 1945-1946, la France doit se reconstruire : des millions de personnes sont pauvres ou sans logement.
Les prisonniers de guerre et les déportés reviennent faibles et démunis. Beaucoup d’enfants et de familles manquent de nourriture et de vêtements. L’Église catholique décide d’organiser une aide structurée pour leur venir en aide.

C’est le 8 septembre 1946, lors du pèlerinage organisé à Lourdes pour le retour des prisonniers et déportés, que l’assemblée des cardinaux et archevêques de France annoncent la création du Secours Catholique.
La responsabilité de cette nouvelle organisation est confiée au prêtre Jean Rodhain.

Il se met à l’œuvre avec détermination et mobilise des bénévoles pour aider toutes les personnes en difficulté, sans distinction d’origine ou de religion.
Dès 1947, l’association lance de grandes campagnes de solidarité : collectes de fonds, de vêtements et nourriture, assistance aux rescapés des camps et aux anciens prisonniers, soutien aux enfants et aux plus âgés.

Jean Rodhain éveille les consciences : la population est activement invitée à participer. Son sens de l’organisation, son goût pour la mise en scène, ses paraliturgies souvent signées Jean Lorraine ou encore ses affiches et son journal « Messages » connaissent très vite les retombées escomptées.

Les dons affluent mais il doit améliorer l’aide aux personnes précaires.

Une solidarité sans frontières Une œuvre au service des plus fragiles, ici et ailleurs

Le but final du Secours Catholique, c’est une pédagogie de la Charité. Il ne s’agit pas de trouver 100 000F, mais surtout d’éveiller 100 000 cœurs.

Jean Rodhain

Face à la misère des pays en sous-développement, des épidémies et de la famine en Afrique ou en Asie, Jean Rodhain redouble d’énergie et incarne une vision du Secours Catholique sans frontières, tournée vers un engagement universel de solidarité.
Il développe l’aide humanitaire hors du territoire français.

Ses actions se structurent, il répond à l’urgence face aux catastrophes naturelles, conflits ou crises sociales. Il déploie d’importants moyens, utilisant les médias, les partenariats avec d’autres associations caritatives pour financer des projets éducatifs, sanitaires ou agricoles destinés aux populations touchées.
Le réseau international deviendra officiellement Caritas Internationalis en 1951 donnant au Secours Catholique une dimension mondiale, ancrage international de la solidarité.

Reconnu pour ses actions, Jean Rodhain est désigné « prélat d’honneur de Sa Sainteté » en 1950. Puis protonotaire apostolique en 1962. L’usage officiel de « Monseigneur Jean Rodhain » remonte essentiellement à partir des années 1950, avec une reconnaissance accrue en 1962.

Jean Rodhain accompagne souvent des personnes très pauvres en pèlerinage à Lourdes. L’injustice le ronge, devant les pèlerins sans abri, incapables d’aller dormir à l’hôtel faute d’argent.

Il décide alors de créer un lieu digne, simple et accessible, où les personnes démunies pourront s’héberger confortablement le temps de leur pèlerinage.
En 1955, alors secrétaire général du Secours Catholique, il achète un domaine d’une vingtaine d’hectares sur les pentes du Béout à 1,5 kilomètres de la Grotte de Massabielle pour construire un lieu d’accueil destiné aux pèlerins de Lourdes.
La Cité Secours Saint-Pierre ouvre ses portes le 1er mai 1956.

« Nous n’avons fait qu’exécuter le désir de sainte Bernadette, citait modestement Jean Rodhain. Elle a demandé la construction d’un très grand asile pour accueillir les pèlerins pauvres. »

La Cité Saint-Pierre demeure l’un des projets les plus emblématiques du Secours Catholique mais d’autres lieux ouvriront dans les années 1955 pour des jeunes travailleurs, les réfugiés Nord-africains, les familles d’enfants hospitalisés et pour bien d’autres publics en France et à l’étranger.

Le dernier pèlerinage Une vie donnée au service des autres

Durant les dernières années de sa vie, Jean Rodhain passe beaucoup de temps à la Cité Saint-Pierre et retrouve régulièrement sa chambre sobre au Castel. Sa santé est fragile mais il descend régulièrement à Lourdes, médite, écrit et discute avec les pèlerins jusqu’au 31 janvier 1977 où il s’en va prier à la Grotte.
Le 1 er février, ses proches s’inquiètent, montent dans sa chambre. Jean Rodhain semble endormi, calme. Il a rejoint le Père.
Son dernier message est une prière à Marie qu’il a recopiée difficilement d’une écriture saccadée pendant la nuit. Sa seconde prière s’achève en demandant à la Vierge : « à l’heure de la mort. ».

Jean Rodhain a terminé sa vie à Lourdes, entre Ciel et terre, au lieu qu’il aimait le plus, au cœur de l’une de ses créations les plus audacieuses, dans cette cité qui était son repaire.
Des amis du monde entier, des centaines d’anonymes, transportés dans un même élan, viennent à Lourdes pour rendre hommage à cet homme admirable qui laisse derrière lui un héritage exceptionnel dans le domaine de la charité organisée, reconnu pour son engagement envers les plus démunis et sa vision d’une solidarité chrétienne moderne et structurée.